04 octobre 2006
Danyel Waro
Je suis allée au concert de Danyel waro ce Vendredi 29 septembre !!alors voici un petit mixte de ce que j'ai pu trouver sur le site de wikipedia et musique-rfo
De son vrai nom Daniel Hoareau, Danyèl Waro est un musicien de la Réunion né le 10 mai 1955 au Tampon, un village des Hauts de La Réunion, dans une famille d’agriculteurs ?Le jeune Danyel passe des années difficiles à travailler la terre et à couper les cannes à sucre. Enfant, ses journées longues et pénibles lui rapportent le fruit de ses repas quotidiens : du maïs et des patates. Ce souvenir de la nature marque son imaginaire jusque dans sa création d’aujourd’hui : sa terre natale, ses fruits et ses racines sont la sève de ses chansons.
Pour la famille Waro, le temps de l’enfance n’est pas celui de la fantaisie. Le père du chanteur, partisan communiste, n’a pas pour principe de se laisser aller aux plaisirs artistiques, surtout à celui de la musique. Il faudra que Danyel atteigne ses 18 ans pour entendre Firmin Viry faire vibrer les rythmes du maloya lors d’une fête communiste. Ce jour-là, la musique du « cafre », de l’esclave, « le maloya la case, maloya la cour » (maloya qu’on chante à la maison) marque profondément sa sensibilité.
Danyel hérite de son père la volonté de travailler, d’enrichir et de faire perdurer son patrimoine culturel. Il hérite aussi d’une conscience historique. Cette tradition qu’il vénère, c’est son passé qui tombe dans l’oubli, la mémoire de ses ancêtres souffrant en esclavage. C’est aussi la langue créole désormais si diffuse dans le français. Danyel Waro, le créole blanc, le rouquin aux cheveux crépus, va donc se battre pour les peuples de La Réunion et pour leur mémoire. Et pour se battre, il va chanter.
Ce n’est que bien plus tard, lors des années 70, que le maloya refait surface avec une violence dérangeante : une conscience identitaire très forte surgit du peuple. Ziskakan, Baster, Alain Peters et Danyel Waro, soutenus par le Parti communiste réunionnais (PCR), gênent les départementalistes qui n’ont alors qu’une idée en tête, au nom de l’unité : faire tomber dans l’oubli l’histoire et la culture de l’île.
Multipliant les rassemblements musicaux clandestins, favorisés par l’appui du parti communistes, les artistes, condamnés par les interventions des gendarmes, ne s’arrêtent jamais de chanter ; même si leur parole reste difficile d’accès pour une population qui n’est pas ou plus initiée au maloya.
Fidèle à sa vision du monde, pacifiste et anticolonialiste, Danyel Waro va jusqu’au bout de ses convictions en refusant d’intégrer le service militaire français en 1976. C’est menottes aux poignets qu’il est conduit vers la lugubre prison de Rennes, où 18 mois durant, il fera le point sur la situation de son île et commencera à écrire. « Romans ékri dans le zol en Frans », publié en 1978. Il y témoigne d'une rage d'écrire et de militer qu'il met en œuvre en s'opposant à la politique réunionnaise de Michel Debré. Il dénonce notamment le travail du BUMIDOM (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer) dans ses chansons rédigées en captivité. Cette institution est ainsi dénoncée dans Batarsité.
En 1975-1976, de retour à la Réunion, il participe aux kabars qui vont délivrer du silence, de la honte et de l'oubli le maloya, genre musical jusqu'alors interdit influencé par le chant des esclaves. D’origine malgache, le service kabaré ou service malgache est une véritable cérémonie rendue aux ancêtres. Sons de cloches, fumées et senteurs envoûtantes colorent l’esprit des kabars où Danyel Waro, presqu’en transe, sous l’œil d’un public médusé, offre son maloya. Pour l’artiste, la musique se joue ainsi, en tee-shirt et en savates, libérée et décomplexée, même si le parcours spirituel et religieux demeure intact. Le musicien vit cette fête comme une survivance ultime de la langue de la mère et du père, la langue créole qui a soudé les ancêtres issus d’un brassage des cultures. Durant ces années il milite au sein du Parti communiste réunionnais dont il s'éloigne dans les années 1990.
Malgré des débuts difficiles, Danyel Waro poursuit son ascension artistique jusque sur les scènes internationales. La Réunion, comme point d’ancrage, a contribué à faire découvrir l’artiste par des festivals localisés d’abord dans la zone de l’océan Indien. Danyel disait au départ s’exprimer pour le peuple réunionnais. Mais hors de son île, un autre public lui a fait prendre conscience de son « rôle artistique ». Son idéal d’ouverture, un maloya qu’il recrée sans cesse, l’impose sur les scènes internationales, de Sakifo - festival international de musique se déroulant à la Réunion - à Africolor - festival dédié à l’Afrique et à l’océan Indien dans l’Hexagone
Dans le maloya qu’il réinvente, Danyel Waro ne se lasse pas d’entremêler différents styles musicaux. D’Alain Peters, il a retenu le talent de l’écriture et la retranscription intime de la douleur. De Georges Brassens le Réunionnais aime l’esprit rebelle et le rapport charnel aux mots. En septembre 2002, il triomphe sur son île à Piton Saint-Leu, lors d’un concert aux côtés du jazzman Olivier Ker Ourio: le maloya et le jazz fusionnent enfin. En mai 2003, le malgache Rajery enrichit de son valiha - citare traditionnelle en bambou - le maloya de Danyel Waro. En 2004, le pianiste Meddy Gerville l’invite à partager la scène du festival de jazz en plein air. C’est une affiche inédite pour les fans du chanteur
Danyel Waro partage son art dans tous les coins du monde : Afrique, Europe, Chine, Québec... Il ne
manque pas non plus, lors de ses retours chez lui, de continuer à militer pour le respect des traditions. En 2003, lors d’une tournée du nom de « Bitasyon fonkker », Danyel et ses amis alternent festivités et réflexions sur le développement des Hauts de l’île.
Artiste accompli - musicien, chanteur et poète - Danyel Waro est un homme entier, qui mêle sa vision du monde à celle de sa musique.
"Pour moi Maloya, tu es la fleur qui m’a manquée quand j’étais petit ", confie le chanteur en extase dans l’un de ses textes. Les récits d’amour, de peines et de joies de son peuple irriguent ses chansons. Danyel donne une âme à la langue créole dont il s’empare : elle devient poétique, magnétique, et réveille les consciences de tous en rendant hommage aux ancêtres et à leurs descendants. « Dans le maloya, on entend un peu de tout : de l’indien, de l’africain, du malgache, du breton... ». Toujours en train de créer et de s’ouvrir aux peuples divers de La Réunion, Danyel compose pour la « réunionité » et la « batarsité ». Qu’elles soient noires, blanches, tamoules ou chinoises, les communautés et leurs diversités déploient l’énergie du métissage et d’une « Terre promise ».
Chanteur, poète et musicien réunionnais, Danyèl Waro réinvente sans cesse sa musique. Pour lui, le Maloya est une façon d’exprimer une revendication identitaire et de mettre en lumière les subtilités de la langue réunionnaise
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