Pour beaucoup de Réunionnais, la maladie n'est pas perçue comme un processus purement biologique.

Elle est plutôt le fait d'un mauvais sort:d'où son nom de "maladie prêtée"(provoquée).

Lorsque la médecine moderne se révèle impuissante (guérison qui ne paraît pas assez rapide, ordonnance mal suivie) et que la famille croit au "mauvais oeil",

on préfère s'en remettre aux religions ou aux superstitions, voire au mélange de plusieurs religions.

Le malade se tournera alors vers un sorcier (l'oreille du pays), à qui, mieux que quiconque il pourra se confier.

"Gratteur ti' bois, ti'zoneur (tisanneur)et autres guérisseurs ont chacun une pratique particulière, inhérente le plus souvent à leur origine ethnique.

Les sorciers comoriens et malgaches manipulent les "ti'bois" et possèdent un pouvoir magique prétendu supérieur, car les esprits qu'ils invoquent sont inconnus des Réunionnais.

Le sorcier Malbar, lui, chasse le mauvais esprit grâce à ses incantations et à ses sacrifices de poules noires et de cabris.

Il y a aussi le spécialiste Blanc aux poses bienfaisantes: tisanes et onguents miraculeux.

D'autres encore retournent la terre des cimetières et vouent un culte particulier  au pirate "La Buse"et au fameux criminel magicien "Sitarane".

Leurs tombes servent régulièrement de lieux de cérémonies secrètes: on y trouve à l'aube, cierges brûlés, fruits offerts, cigarettes à moitié consumées, verres de rhum et lambeaux de tissus rouges...

Telle est l'âme réunionnaise, pour laquelle la religion, qu'elle soit catholique, musulmane, ou tamoule, n'est en aucune façon contradictoire avec la pratique de la sorcellerie. ..

Marie-Cécile -Réunion-Virtuel-09/07